Flotte 70 % électrique : comment notre engagement améliore concrètement votre bilan carbone
Dernière mise à jour : 03/06/2026Pour beaucoup d'entreprises, l'engagement environnemental d'un prestataire de transport est resté

Depuis juin 2025, on ne traverse plus le cœur de Lyon comme avant. La Presqu'île, du bas des pentes de la Croix-Rousse au nord de la place Bellecour, est passée en zone à trafic limité : cinq points d'accès équipés de bornes escamotables commandent l'entrée des véhicules, et le calendrier de piétonnisation s'est poursuivi tout au long de l'année 2026, avec une quinzaine de rues progressivement rendues aux piétons. Pour les commerces, les enseignes et les vendeurs à distance qui approvisionnent ce périmètre, la conséquence est concrète : la fenêtre de livraison ne se négocie plus avec la circulation, elle se négocie avec une horloge. Voici ce que ce cadre change réellement pour vos marchandises, et comment réorganiser vos tournées pour continuer à livrer le centre de Lyon sans multiplier les passages perdus.
Le périmètre concerné n'est pas anecdotique : il s'agit du secteur commercial le plus dense de l'agglomération, celui qui concentre les enseignes nationales, les boutiques indépendantes, les hôtels et la restauration. Quatre kilomètres de cheminements piétons supplémentaires ont été créés, tandis que dix-huit parcs de stationnement, soit environ dix mille places, restent accessibles en périphérie immédiate du secteur. Autrement dit, la ville n'a pas fermé son centre : elle en a réécrit les règles d'entrée. Pour un expert du premier et du dernier kilomètre, cette réécriture se traduit par une équation logistique nouvelle, où la contrainte horaire pèse plus lourd que la distance.
Les entrées se comptent sur les doigts d'une main : deux du côté du Rhône, par les rues Gentil et Childebert ; deux du côté de la Saône, par les rues de Constantine et de la Porte-du-Temple ; une dernière depuis la place Bellecour, par la rue du Président-Édouard-Herriot. Chacune est équipée d'une borne rétractable. Un véhicule qui se présente devant une borne relevée sans autorisation ne passe pas, quelle que soit l'urgence de sa cargaison. Cette architecture en cinq portes concentre les flux et rend le choix de l'itinéraire déterminant : arriver par le mauvais quai, c'est ajouter dix à quinze minutes de contournement à une tournée déjà tendue.
Entre les quais du Rhône, ceux de la Saône et les pentes, la Presqu'île forme un couloir étroit où chaque rue piétonnisée déplace le point de dépose de plusieurs dizaines de mètres. Le porteur ne s'arrête plus devant la vitrine : il s'arrête au plus près, puis termine à pied avec un diable ou un chariot. Cette dernière fraction de trajet, invisible dans les tableaux de bord, absorbe une part croissante du temps d'intervention. Elle rappelle une réalité que nous documentons régulièrement : ces deux étapes décident de la réussite d'une livraison bien davantage que les centaines de kilomètres parcourus en amont.
C'est la disposition la plus structurante du dispositif lyonnais : les bornes restent abaissées chaque jour de 6 heures à 13 heures, précisément pour permettre l'approvisionnement des commerces et les opérations logistiques. Ce créneau n'a rien d'arbitraire ; il est issu d'une concertation qui a réuni plus de six mille participants en 2024. Il n'en reste pas moins une fenêtre fermée : passé treize heures, l'entrée se mérite.
Sept heures paraissent confortables sur le papier. Dans les faits, elles concentrent l'ensemble des flux de la zone : livraisons alimentaires en tout début de matinée, réassorts textiles et équipement de la maison en milieu de matinée, colis du commerce en ligne juste avant midi. La densité crée ses propres bouchons, notamment aux abords des cinq portes entre 8 et 10 heures. Un transporteur qui n'a pas séquencé ses passages perd davantage de temps dans la file d'attente qu'il n'en gagnerait en partant plus tôt. La réponse tient en un mot : lissage. Répartir les points de dépose sur toute l'amplitude, en réservant les rues les plus étroites aux heures les plus creuses.
Après 13 heures, le passage suppose un enregistrement préalable, une reconnaissance de plaque d'immatriculation ou un badge. Les artisans et professionnels déclarés, les taxis, les véhicules de secours, les transports de personnes à mobilité réduite et les clients d'hôtel disposent de régimes d'accès dédiés. Pour un flux de marchandises régulier, l'enjeu consiste donc à faire enregistrer en amont l'ensemble des véhicules susceptibles d'intervenir, plutôt que de découvrir la contrainte devant une borne relevée. Une flotte non déclarée, c'est une tournée d'après-midi impossible.
Le 14 avril 2026, la Métropole de Lyon a pris acte, par communiqué, de la suppression des zones à faibles émissions décidée au niveau national. Beaucoup de chargeurs y ont vu la fin des contraintes environnementales sur le transport urbain. C'est une lecture trompeuse. Nous avons détaillé ailleurs ce que la réglementation 2026 a réellement changé : la disparition d'un dispositif national n'efface ni les politiques locales de circulation, ni les attentes des donneurs d'ordre.
Les vignettes de classement des véhicules ne commandent plus l'accès au centre. En revanche, la zone à trafic limité, elle, relève d'une décision municipale de gestion de l'espace public : elle n'a pas été supprimée, et le calendrier de piétonnisation s'est poursuivi. Le paramètre déterminant n'est donc plus la motorisation du véhicule, mais son gabarit, son horaire et son autorisation. Un fourgon thermique récent et un fourgon électrique subissent aujourd'hui exactement la même borne.
Le silence des motorisations électriques, lui, garde toute sa valeur dans un secteur où les premières livraisons partent à 6 heures, sous les fenêtres des habitants du 1er et du 2e arrondissement. À cela s'ajoute la demande croissante des acheteurs professionnels, qui exigent une donnée d'émissions par expédition dans leurs consultations. Disposer d'une flotte composée à 70 % de véhicules électriques n'est plus un laissez-passer réglementaire ; c'est devenu un argument commercial et une réponse aux obligations d'information sur les émissions de gaz à effet de serre des prestations de transport, en vigueur depuis 2017.
La bonne nouvelle, c'est que les réponses techniques existent et qu'elles sont éprouvées. Elles supposent simplement d'accepter une idée : on ne livre plus un hypercentre avec la même organisation qu'une zone d'activité périphérique.
Le schéma le plus efficace consiste à regrouper les marchandises destinées au centre sur un point relais situé en périphérie proche, puis à les redistribuer avec des véhicules adaptés au gabarit des rues. C'est le principe des micro-plateformes urbaines : un porteur venu de l'entrepôt régional dépose une fois, plusieurs petits véhicules distribuent ensuite. Le kilométrage total en zone dense chute, le taux de remplissage grimpe, et le nombre de passages devant les bornes se réduit mécaniquement.
Pour les colis de moins de cent kilogrammes et les rues devenues piétonnes, le cycle utilitaire s'impose comme le prolongement naturel du véhicule motorisé. Il franchit les zones piétonnes sans autorisation particulière, se gare devant la porte du commerce et supprime la marche à pied finale. Nous avons exposé les conditions de rentabilité de la cyclologistique : elle ne remplace pas le fourgon, elle prend le relais sur le dernier segment, là où le fourgon coûte le plus cher.
Enfin, il faut renoncer à l'idée qu'une tournée se planifie la veille au soir pour le lendemain matin. Le séquencement doit intégrer l'amplitude d'ouverture des bornes, les créneaux de réception propres à chaque enseigne et les rues en travaux. Une adresse dont le magasin n'ouvre qu'à 10 heures ne doit pas être positionnée à 6 h 30, sous peine de retour à vide. Ce travail de calage, réalisé en amont avec le client, constitue le cœur de notre offre de transport et de logistique en milieu urbain dense.
Il serait injuste de ne présenter la zone à trafic limité que comme une contrainte. Pour qui l'anticipe, elle produit des effets favorables mesurables sur la qualité de service.
Un centre-ville apaisé, c'est un stationnement de livraison plus facile, des temps d'arrêt plus courts et un taux de réussite au premier passage plus élevé. Or chaque échec de livraison déclenche une seconde tournée, parfois un retour en entrepôt, toujours un coût. Sur un flux de commerce en ligne, la mécanique est encore plus coûteuse, puisqu'elle alimente le volume de retours à traiter et dégrade la perception de la marque.
Les enseignes qui exploitent des points de vente dans le secteur intègrent désormais la capacité d'accès à la zone dans leurs critères de sélection de prestataire. Être en mesure de démontrer que ses véhicules sont enregistrés, que ses tournées respectent le créneau et que ses émissions sont documentées devient un motif d'attribution. C'est précisément la raison pour laquelle notre réseau de cinq agences travaille les procédures d'accès ville par ville plutôt que d'appliquer un schéma national uniforme.

La zone à trafic limité n'a pas fermé le cœur de Lyon, elle en a modifié la clé d'entrée : celle-ci est désormais horaire et administrative avant d'être technique. Les chargeurs qui l'ont compris ont déplacé leur effort d'optimisation du kilomètre vers le créneau, enregistré leurs véhicules, massifié en amont et adapté le gabarit de leurs engins à la largeur réelle des rues. Ceux qui ont attendu découvrent chaque après-midi qu'une borne relevée coûte plus cher qu'un détour. Entre la poursuite de la piétonnisation et l'exigence croissante de traçabilité des émissions, le mouvement ne s'inversera pas : autant en faire dès maintenant un avantage de
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